Histoire de CiiB

Jean Salwa, CiiB et la genèse du Second Marché

Au début des années 1980, l’accès à la Bourse reste difficile pour les PME-PMI. Jean Salwa et le Centre d’Information Boursière participent aux réflexions qui conduisent à l’ouverture des marchés financiers aux entreprises de plus petite taille.

Des travaux de la Commission Dautresme à l’ouverture du Second Marché en 1983, puis au développement du Hors Cote d’acclimatation, cette période pose les bases d’une approche qui marque durablement l’histoire de CiiB.

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Une transformation des marchés financiers

Ouvrir la Bourse aux PME-PMI

Entre les premières réflexions sur l’accès des PME aux marchés financiers et la mise en place du Second Marché, plusieurs étapes structurantes permettent progressivement d’abaisser les barrières à l’entrée et de créer de nouvelles voies de financement en fonds propres.

1981–1982

Préparer l’ouverture de la Bourse aux PME

Les travaux consacrés au financement des entreprises et au développement du marché des actions font émerger la nécessité de dispositifs mieux adaptés aux PME-PMI.

Février 1983

Ouverture du Second Marché

Une nouvelle structure de marché est créée pour faciliter l’accès à la Bourse d’entreprises qui ne répondent pas aux critères du marché officiel.

54 PME-PMI

accompagnées par CiiB

CiiB accompagnera des dizaines d’entreprises dans leur introduction et leur développement sur les différentes places financières régionales françaises.

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23 septembre 1982

Une Bourse encore difficilement accessible aux PME

À la veille de la création du Second Marché, l’accès à la Bourse reste particulièrement coûteux et contraignant pour les petites et moyennes entreprises.

Dans Les Échos, un article consacré à un dîner-débat organisé par le Centre d’Information Boursière autour de Jean Salwa expose clairement le problème : le marché officiel reste hors de portée de nombreuses PME, tandis qu’une nouvelle structure plus souple commence à prendre forme.

2 à 5 M F coût estimé d’une demande de cotation sur le marché officiel
400–500 k F mise de fonds évoquée pour accéder au futur Second Marché
Enjeu identifié en 1982

Réduire le coût d’accès au marché et créer une structure boursière mieux adaptée aux petites et moyennes entreprises.

Article Les Échos du 23 septembre 1982 intitulé La Bourse doit s’ouvrir aux PME-PMI
Les Échos 23 septembre 1982
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Les Échos — 23 septembre 1982
« La Bourse doit s’ouvrir aux PME-PMI »

La Bourse française au quatrième rang des grandes places internationales. Non, il ne s’agit pas d’un roman de Bourse-fiction mais du classement du marché… obligataire français (100 milliards de dollars face à 600 milliards pour New York !).

Sur le plan des valeurs à revenu variable, la situation est beaucoup moins brillante. La France arrive, en effet, avec une capitalisation boursière de 38 milliards de dollars, au dixième rang, très loin derrière les États-Unis (1 100 milliards de dollars), Tokyo (400 milliards de dollars), Londres (200 milliards), mais encore après Toronto (100 milliards), Johannesburg, l’Australie, Hongkong, et… Zurich.

Ces statistiques ont été données par le syndic de la Compagnie des agents de change, Yves Flornoy, au cours d’un dîner-débat organisé par le Centre d’informations boursières, organisme animé par Jean Salwa, sur le thème « Les Bourses françaises s’ouvrent aux PME et PMI ». Aussi n’est-il que temps de donner le goût et l’envie aux entreprises françaises de venir en Bourse.

La mise en place du second marché devrait lever un obstacle important : celui du coût des introductions en Bourse. En effet, alors qu’une demande de cotation sur le marché officiel entraîne une dépense totale de l’ordre de 2 à 5 millions de francs, l’entrée sur le second marché, beaucoup moins contraignante, ne nécessiterait qu’une mise de fonds de 400 000 à 500 000 francs maximum.

Les chefs d’entreprise présents à cette manifestation ont fait part de leurs inquiétudes, notamment en matière d’imposition sur la fortune, qui pénalise les patrons ayant « ouvert » leur capital.

Le délicat problème des avantages fiscaux attachés aux placements obligataires par rapport au placement en actions a aussi été évoqué. Malheureusement, le représentant du ministre de l’Économie et des Finances, Mme Dreyfus-Gloarec, n’a pas pu répondre aux préoccupations des chefs d’entreprise.

Il reste que, pour la majorité de l’opinion publique, la Bourse a encore mauvaise réputation, ainsi que l’ont rappelé certains intervenants. Pourtant, dans une économie libérale, le marché financier doit être fort. Les pouvoirs publics en sont, semble-t-il, conscients, mais tout n’est sans doute pas encore mis en œuvre pour réussir pleinement.

C. M.

1981–1982 · Document institutionnel

Jean Salwa et les travaux de la Commission Dautresme

Par une lettre de mission datée du 10 septembre 1981, Jacques Delors et Laurent Fabius confient à une commission présidée par David Dautresme une réflexion sur le développement et la protection de l’épargne.

Participation officielle Jean SALWA Conseiller en placements financiers

Jean Salwa figure officiellement parmi les participants aux travaux de la commission.

« Stimuler le marché des actions »

Le rapport souligne le rôle d’un marché actif pour mobiliser les fonds propres, assurer la liquidité et la mobilité du capital et permettre la prise de risque entrepreneuriale.

Plusieurs propositions rejoignent directement les enjeux auxquels sont alors confrontées les PME : développement des marchés régionaux, proximité financière et création d’un marché secondaire plus accessible.

Extraits du rapport Dautresme de 1982 mentionnant Jean Salwa et le développement du marché des actions
Rapport Dautresme La Documentation française · 1982
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01

Stimuler le marché des actions

Développer un marché actif capable de mobiliser les fonds propres et d’assurer la liquidité des investissements.

02

Des places financières de proximité

Renforcer le rôle des Bourses régionales comme places financières de proximité au service des PME.

03

Un marché secondaire adapté

Imaginer une voie intermédiaire entre le Hors Cote et la Cote officielle, avec information financière et véritable marché des titres.

Ce que montre le rapport

Dès 1981–1982, les réflexions institutionnelles portent déjà sur plusieurs principes qui structureront ensuite l’ouverture progressive des marchés financiers aux PME.

Article du Monde du 9 novembre 1982 sur la réforme du marché hors cote et l’ouverture aux petites sociétés
Le Monde 9 novembre 1982
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Novembre 1982

Vers une structure boursière mieux adaptée aux petites sociétés

Quelques mois avant l’ouverture du Second Marché, les contours d’un dispositif plus accessible aux PME deviennent plus précis.

Le Monde présente alors la réforme comme un véritable « appel d’air » pour les petites sociétés. Les contraintes d’accès sont allégées et le coût d’une introduction doit être fortement réduit.

< 300 000 F coût d’une introduction sur le Second Marché estimé par Jean Salwa
90 000 F dépensés par LME pour son admission au compartiment spécial
Une étape décisive

La réduction des coûts et l’assouplissement des conditions d’accès créent progressivement une véritable porte d’entrée vers la Bourse pour des entreprises de taille plus modeste.

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Le Monde — 9 novembre 1982

« La réforme du marché hors cote : un appel d’air pour les petites sociétés »

La création d’un « second marché » répond à cet objectif. La principale nouveauté consiste à limiter à 10 % seulement (contre 25 %) la part de capital qui sera mise dans le public et à supprimer l’obligation faite aux sociétés de demander, au bout de trois ans, leur passage à la cote officielle.

Parallèlement, aucun seuil minimum n’a été prévu pour le capital, pas plus que ne soit exigée une rémunération de capital ou la distribution des dividendes. Enfin, la note COB a été supprimée, la seule notice au BALO étant jugée suffisante.

Du coup, les frais à prévoir (notice au BALO, note de présentation de la société, publicité financière, impression des titres et honoraires de l’intermédiaire financier) se trouvent considérablement réduits.

M. Jean Salwa, le directeur du Centre d’informations boursières (1), évalue dorénavant à moins de 300 000 F le coût d’une introduction sur le « second marché », voire moins puisque la société L.M.E. (Le Matériel Électronique) a simplement dépensé 90 000 F pour faire son apparition sur le compartiment spécial en attendant la transformation de cette antichambre en « second marché ».

Voilà qui justifie l’engouement de nombreuses petites et moyennes entreprises qui viennent d’entrer en rangs serrés au compartiment spécial (2), en attendant la mise en place de la nouvelle structure.

En votant le 28 septembre dernier l’article 30 de la « loi Delors » sur le développement des investissements et la protection de l’épargne, l’Assemblée a donné son approbation. L’obstacle du Sénat vient également d’être franchi et, dès le premier trimestre de l’année prochaine, la Bourse de Paris pourrait disposer enfin d’une structure d’accueil particulièrement adaptée aux petites et moyennes entreprises, encore inhibées par le marché officiel.

S. M.

(1) Centre d’informations boursières pour les P.M.E.-P.M.I. ; 13, rue Marivaux, 75002 Paris.

(2) En quelques semaines, plusieurs sociétés se sont inscrites au compartiment spécial dans la perspective de l’ouverture du second marché : Merlin Immobilier, H.D.P. (Holding Delorme Pignard), Le Matériel Électronique, Crométal, Multi Médias, Beaujon, ainsi que d’autres entreprises alors attendues.

Septembre 1983 · Après l’ouverture du Second Marché

Le Hors Cote d’acclimatation : ouvrir encore davantage la Bourse aux PME

L’ouverture du Second Marché constitue une avancée majeure, mais de nombreuses petites entreprises restent encore éloignées des marchés financiers.

Une formule intermédiaire imaginée par le CIB

Dans La Cote Desfossés du 6 septembre 1983, le Centre d’Information Boursière présente une formule de « Hors Cote d’acclimatation », conçue comme une étape progressive entre le Hors Cote traditionnel et les marchés plus structurés.

L’objectif est de familiariser les entreprises avec la Bourse tout en leur apportant un accompagnement dans la préparation de l’introduction, l’évaluation, l’information financière et le suivi du marché.

Formalités d’introduction
Évaluation de l’entreprise
Information des investisseurs
Animation et liquidité du marché
Suivi après l’introduction
Une logique d’accompagnement

L’enjeu n’est plus seulement d’introduire une entreprise en Bourse, mais de l’accompagner avant, pendant et après son accès au marché.

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La Cote Desfossés — 6 septembre 1983
« Ouvrir la Bourse aux PME »

Il aura fallu attendre l’introduction de l’action Georex en Bourse, début juillet, pour mieux comprendre que celle-ci n’est pas forcément réservée aux seules grandes entreprises.

C’est en tout cas ce que pense le Centre d’informations boursières pour les PME-PMI (CIB) qui œuvre à ouvrir la Bourse à quelque 500 PME, soit sur le hors cote, soit sur le second marché.

Indépendant de tout groupe bancaire, industriel ou politique, le Centre d’informations boursières pour les PME-PMI a été créé en septembre 1982 par d’anciens commis d’agents de change, remisiers et gérants de portefeuilles.

Le CIB dispose ainsi d’une technicité qui lui permet d’accomplir les formalités nécessaires pour l’inscription directe des sociétés en Bourse. Son président, M. Jean Salwa, est lui-même issu du « Sérail ». À ce jour, et en France, il semble être le seul cabinet spécialisé dans le conseil et la réalisation de l’introduction des entreprises moyennes sur le marché financier.

De tels cabinets sont, du reste, suivis par la Commission des Opérations de Bourse ainsi que par la Compagnie des Agents de Change et sont régis par des statuts qui en font des auxiliaires de la profession boursière.

Le CIB, lui, a pris le problème différemment et conseille les entreprises pour utiliser la Bourse en leur proposant notamment de leur faire connaître l’étendue des services de nos sept places financières.

Pour cela, le CIB contacte les entreprises et leur propose ses services afin de les aider à utiliser pleinement les possibilités du hors cote et du second marché. Fait remarquable, il leur assure, longtemps après l’introduction, un « service après-vente ».

Par ailleurs, le centre organise des séminaires inter-entreprises pour cadres et dirigeants dont l’objet est l’utilisation et le développement des connaissances boursières.

Pratiquement, le CIB s’occupera entièrement des formalités d’introduction et assurera la liaison directe avec l’agent de change qui, par la suite, cotera le titre.

C’est encore le centre qui procédera à l’évaluation de l’entreprise et qui concourra à l’estimation de la valeur des actions. Enfin, dans certains cas, c’est le CIB qui garantira la bonne fin de la transaction pour la vente d’un montant important d’actions.

Les promoteurs du CIB souhaiteraient diviser le marché hors cote en deux entités distinctes : le hors cote traditionnel et le hors cote « d’acclimatation ».

Ainsi, la volonté du centre est de créer « de facto » un marché à mi-chemin entre le marché officiel et le hors cote actuel, dont on sait que, sauf sur quelques valeurs, il est délaissé par les professionnels et les particuliers, en raison du marché étroit, réservé à quelques rares spécialistes.

Pour le moment, ce marché « d’acclimatation » n’existe encore que dans l’esprit du CIB. C’est en effet lui qui a créé cette formule. En fait, il s’agit d’utiliser l’extrême souplesse d’accès au hors-cote pour familiariser les sociétés avec la Bourse, en s’inspirant des mesures de sauvegarde de l’intérêt des actionnaires qui existent pour les sociétés inscrites à la cote officielle ou au second marché.

On pense au CIB que la formule d’avenir est trouvée, et que parmi les 15.000 entreprises qui ont une taille pour venir s’inscrire en Bourse, un bon nombre d’entre elles utiliseront cette technique.

Absolument rien, pour l’heure, ne distingue le hors cote classique du hors cote « d’acclimatation » — notion familière aux professionnels — si ce n’est une cotation quotidienne.

Pour rendre plus crédible sa formule, le CIB demande aux sociétés qui acceptent de se faire inscrire à la cote par ses soins des engagements bien précis.

Globalement, ceux-ci seront d’ordre boursier et d’ordre administratif. D’une part, les titres nécessaires à l’animation et à la liquidité du marché seront fournis en quantités suffisantes ; d’autre part, les documents et informations publiés par les firmes présenteront un caractère non restrictif.

En contrepartie, le CIB sera présent et représentera la société chaque jour en Bourse et veillera que soit inscrit quotidiennement un cours.

Il aura aussi pour tâche « d’écrêter » les hausses et freiner les baisses en cas d’afflux accidentels d’ordres d’achat ou de vente.

Par cette nouvelle technique, le Centre d’Informations Boursières pour les PME-PMI souhaite, avec la mise progressive des actions en Bourse, la réalisation de l’éclatement de l’actionnariat en une multitude de petits porteurs et une animation réelle du marché.

(1) Depuis sa création, les principales introductions parrainées par le CIB ont été le Matériel Electronique (second marché) ; Ile-de-France Pharmaceutique (hors cote), Georex (hors cote) et Matériaux Service (hors cote).

Article de La Cote Desfossés du 6 septembre 1983 intitulé Ouvrir la Bourse aux PME
La Cote Desfossés 6 septembre 1983
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1983
Du Second Marché au Hors Cote d’acclimatation

CiiB développe une approche destinée aux PME de taille plus modeste : leur permettre d’accéder progressivement au marché tout en organisant l’information, le suivi des actionnaires et la liquidité des titres.

Des idées aux réalisations

Des PME accompagnées vers les marchés financiers

L’ouverture progressive de la Bourse aux PME se traduit rapidement par des opérations concrètes. CiiB accompagne plusieurs entreprises dans leur préparation, leur introduction et leur relation avec les investisseurs.

1983 Réalisation CiiB
Zodiac

Zodiac

Une entreprise identifiée, préparée et présentée par CIIB aux agents de change en 1983

Identifiée et préparée par CIIB, ZODIAC est présentée à la charge d’agent de change FERRI, qui assure son introduction parmi les premières valeurs du Second Marché en 1983. Devenue Zodiac Aerospace, l’entreprise rejoint le groupe Safran en 2018.

Second Marché Paris
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1983 Réalisation CiiB
Miko

Miko

Une entreprise identifiée, préparée et présentée par CIIB aux agents de change en 1983

Identifiée et préparée par CIIB, MIKO est présentée à la charge d’agent de change FERRI, qui assure son introduction parmi les premières valeurs du Second Marché en 1983. Cette ouverture au marché accompagne la modernisation et le développement international du groupe familial.

Second Marché Paris
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1984 Réalisation CiiB
Clarins

Clarins

Une entreprise identifiée, préparée et présentée par CIIB aux agents de change en 1984

Identifiée et préparée par CIIB, CLARINS est présentée à la charge d’agent de change FERRI, qui assure son introduction parmi les premières valeurs du Second Marché en 1984. Cette ouverture au marché accompagne la modernisation et le développement international du groupe familial.

Second Marché Paris
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Article Les Échos du 31 décembre 1984 consacré aux introductions en Bourse accompagnées par le CIIB
Les Échos 31 décembre 1984
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31 décembre 1984 · Premier bilan

Une méthode qui produit déjà des résultats concrets

À la fin de 1984, Les Échos dresse un premier bilan de l’activité du CIIB auprès des PME-PMI. Les opérations réalisées montrent que l’accès au marché peut mobiliser de nouveaux capitaux tout en élargissant l’actionnariat des entreprises.

8 entreprises suivies par le CIIB
4 000+ actionnaires réunis
25 M F de fonds frais mobilisés
20 introductions envisagées en 1985
1984 → 1985

Après les premières expérimentations, le CIIB cherche désormais à déployer cette méthode auprès d’un plus grand nombre de PME-PMI.

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Les Échos — 31 décembre 1984
« Le CIIB patronnera en 1985 l’introduction en Bourse d’une vingtaine de PME-PMI »

Une nouvelle étape va être franchie en 1985 par le Centre d’informations et d’introductions boursières dans son objectif d’acclimater progressivement les petites entreprises aux marchés des capitaux en vue d’accroître leurs fonds propres et stimuler leurs investissements.

Depuis sa création, en septembre 1982, six mois avant l’ouverture du second marché, le CIIB s’est largement avancé dans la mission que lui ont fixée ses fondateurs.

Il a ainsi participé de façon active à la réhabilitation du marché hors cote, en tant qu’initiateur du second marché, en assistant les entreprises qui, par elles-mêmes, n’ont pas les moyens d’accéder à la Bourse.

Les huit sociétés suivies par le CIIB auront réalisé en 1984 plus de 50 millions de francs de transactions, ce qui représente près de 10 % des transactions du marché hors cote ; leur capitalisation boursière est de 200 millions de francs.

Et ces huit PME familiales qui ont conservé leur entière autonomie de gestion, ont maintenant plus de 4.000 actionnaires trouvés grâce à la Bourse.

Parmi elles, cinq ont développé leurs fonds propres et ont trouvé en tout 25 millions d’argent frais.

De plus, quatre séminaires destinés aux cadres et dirigeants d’entreprises ont été réalisés pour développer et actualiser leurs connaissances boursières.

Les sociétés Ortiz Miko, Zodiac, Absorba Poron, Gérard Pasquier, Clarins, Matériaux Service et Géorex étaient parmi les premiers participants et sont aujourd’hui négociées sur le second marché ; quarante autres chefs d’entreprise ont participé à ces stages.

Créé par d’anciens commis d’agents de change, remisiers et gérants de portefeuilles, à l’initiative de M. Jean Salwa, le CIIB a mis au point une méthode pratique pour faire accéder au marché boursier les entreprises tout en préservant leur indépendance et en les assistant pour toutes les questions concernant la Bourse.

Il s’engage parallèlement à sauvegarder l’intérêt des petits porteurs sur un marché à la fois plus étroit et plus aléatoire que les marchés officiels ou le second marché.

Selon les statistiques, 40 % des entreprises françaises devront « changer de mains » avant 1990.

Créées après la guerre, par des hommes qui avaient alors entre vingt-deux et trente-cinq ans, ces entreprises devront changer de dirigeants : 22.000 entreprises PME-PMI sont confrontées à ce problème.

Le passage par la Bourse est un moyen permettant les changements sans heurt, tout en favorisant la continuité des investissements par apport de fonds propres extérieurs.

Le CIIB escompte patronner en 1985 un minimum de vingt introductions, et espère apporter les preuves irréfutables que le hors-cote peut être un véritable vivier de PME-PMI performantes capables de s’acclimater progressivement aux techniques boursières et d’acquérir la maturité financière suffisante pour accéder au second marché puis au marché officiel, tout en évitant les excès constatés lors des introductions directes.

Juin 1986 · Portrait

Jean Salwa, « l’enfant de la Bourse »

Quelques années après l’ouverture du Second Marché, L’Express consacre un long portrait à Jean Salwa et à son action en faveur de l’accès des PME aux marchés financiers.

Portrait de Jean Salwa publié dans L’Express en juin 1986
L’Express Votre Argent · Juin 1986
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Un premier bilan du modèle CiiB

Ouvrir la Bourse aux entreprises que les marchés traditionnels délaissent

Le portrait publié par L’Express retrace le parcours de Jean Salwa et son engagement pour rendre les marchés financiers accessibles à des entreprises de plus petite taille.

L’article revient sur les travaux ayant précédé la création du Second Marché, sur le développement du Hors Cote et sur la conviction portée par Jean Salwa : une entreprise disposant d’un projet solide doit pouvoir trouver en Bourse les capitaux nécessaires à sa croissance.

18 personnes au sein du CiiB
≈ 30 entreprises introduites
7 Bourses françaises
≈ 150 000 F coût d’une introduction
Une conviction

La Bourse peut jouer un rôle dans le financement des PME à condition de disposer de mécanismes adaptés, d’un accompagnement de proximité et d’un marché suffisamment animé.

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L’Express — Votre Argent
Juin 1986
« Jean Salwa, l’enfant de la Bourse »

A 12 ans, il réalisait sa première opération en Bourse. A 25, il apprend à ramer à 400 boursiers inscrits au club nautique de la Bourse. A 52 ans, il introduit vingt-six sociétés sur les sept Bourses françaises et ne parle plus que de capital-risque.

Et pourtant, avec son petit costume étriqué de paysan et sa voix benoîte de séminariste, Jean Salwa ressemble assez à un touriste qui aurait pris les escaliers du palais Brongniart pour les marchés de la Madeleine. Apparence ô combien trompeuse ! L’homme connaît la Bourse comme un dompteur ses fauves. C’est là qu’il a grandi.

Fils adoptif d’un échellier (1), il venait à la Bourse tous les jeudis, en un temps où, à défaut d’être accessible aux femmes, elle était ouverte aux enfants.

« Je suivais le marché et les cotations, et j’ai compris à ce moment l’importance économique de ce lieu pour les entreprises. C’est là qu’elles peuvent grandir et trouver les capitaux que les banques ne leur donnent pas. Dès 14 ans, je suis entré comme grouillot chez un agent de change. »

Dans les années 70, le pouls du marché est imperceptible. Une ou deux sociétés sont inscrites à la cote officielle, le hors-cote est moribond, les Bourses régionales s’effritent.

Pour Jean Salwa, c’est évident, il faut ouvrir la Bourse aux PME et au grand public. L’idée de réforme est dans l’air, et on connaît la suite : commission Dautresme et ouverture du second marché en février 1983.

Mais Jean Salwa, qui a participé à cette évolution, n’est toujours pas satisfait. Le palais Brongniart est hors de portée des petites entreprises. Il leur faut donc un troisième tremplin.

Créé par Jean Salwa, le Centre d’informations et d’introductions boursières pour les PME-PMI (C.I.I.B.) introduit sa première société, Géorex (recherche pétrolière), en avril 1983.

Depuis, une trentaine d’autres ont été cotées. Cinquante sont attendues pour 1987, et cinq cents dans les deux ou trois ans à venir.

Jean-Luc Delahaye, adjoint au chef du service juridique de la Commission des opérations de Bourse, reste réservé : « Les entreprises introduites par Jean Salwa sont parfois en difficulté. Le hors-cote n’offre pas les mêmes garanties d’information que la cote officielle ou le second marché et aucune liquidité n’est assurée aux épargnants. »

Réponse de l’accusé : « Nous exigeons des entreprises les mêmes informations que celles fournies par les sociétés inscrites au second marché et un deuxième commissaire aux comptes. »

Jean Salwa est lucide : « Je sais que l’on m’attend au tournant. C’est un risque quand on introduit des entreprises comme Point à la ligne ou Genapl. Elles sont en difficulté financière, mais elles ont un projet formidable. »

Voilà bien l’homme. Il détecte d’abord le « petit » plein d’avenir. Pour cela, il envoie des hommes sur le terrain, épluche la presse régionale, ne manque pas un séminaire de chefs d’entreprises, se tient en relation constante avec les chambres de commerce, puis les accompagne jusqu’à maturité.

Il en coûte au « petit » quelque 75 000 F de publications financières et de publicité. Une somme modeste à côté du million de francs qu’il faut souvent verser pour entrer sur le second marché.

L’ambition de Jean Salwa : que la Bourse dynamise l’économie française. « Près de 25 000 sociétés sont encore mises en quarantaine, pour cause d’introduction non rentable, selon les banquiers et les agents de change ! »

En attendant, le C.I.I.B. s’adapte à ses futures exigences. Quand on souhaite introduire 500 entreprises dans les deux ou trois années à venir, il faut se doter de moyens : doublement des effectifs et transformation de la société civile en société anonyme.

Pour un grand dessein : ouvrir au public le capital du C.I.I.B. en s’introduisant en Bourse. Sur le hors-cote, évidemment.

CATHERINE D’HERME

(1) Spécialiste du marché des primes.
(2) Gérant de portefeuilles ; intermédiaire en Bourse.

Une ambition qui dépasse l’introduction en Bourse

Accompagner l’entreprise dans la durée

L’approche défendue par Jean Salwa ne se limite pas à l’admission d’une société sur un marché. Elle associe préparation financière, accompagnement des dirigeants, recherche d’investisseurs et organisation progressive d’un marché pour les titres.

Cette logique se retrouve dans plusieurs réalisations historiques de CiiB, notamment autour de sociétés telles que GACHOT / SYSTRAN et d’autres PME accompagnées durant les années 1980.

Explorer les réalisations CiiB
De 1983 à aujourd’hui

Un héritage toujours présent

L’enjeu qui animait déjà Jean Salwa au début des années 1980 reste au cœur de l’activité de CiiB : rapprocher les PME-PMI des investisseurs et organiser dans la durée leur accès aux fonds propres.

Les outils ont évolué, mais plusieurs principes restent les mêmes : préparer l’entreprise, structurer son actionnariat, informer les investisseurs et créer les conditions d’une liquidité adaptée aux titres.

Levées de fonds

Structurer les opérations de financement en fonds propres.

Communication financière

Organiser une information claire et régulière à destination des investisseurs.

Registres d’actionnaires

Assurer la tenue et le suivi de l’actionnariat de l’entreprise.

Liquidité des titres

Organiser les échanges et faciliter les rencontres entre acheteurs et vendeurs.

Carnets d’Annonces

Mettre à disposition un outil de rencontre entre investisseurs et actionnaires.

Accès aux marchés

Accompagner les PME-PMI dans leur préparation aux marchés financiers.

Plus de 40 ans d’expérience

De l’ouverture de la Bourse aux PME au début des années 1980 aux dispositifs actuels de financement et de liquidité, CiiB poursuit la même ambition : rendre les marchés financiers plus accessibles aux PME-PMI.