Réalisation CiiB

Point à la Ligne : introduction au Hors Cote et financement de son développement international

Le numéro un français de la bougie décorative accompagné par CIIB à la Bourse de Bordeaux

Entreprise accompagnée Point à la Ligne
1986 Introductions en Bourse Levées de fonds
Consommation / distribution

CIIB accompagne Point à la Ligne, numéro un français de la bougie décorative, lors de son introduction au Hors Cote de la Bourse de Bordeaux et de l’ouverture de 33 % de son capital.

L’opération

Contexte et opération

Créée au début des années 1970 par Monique Fieschi et Myline Galhaud, anciennes élèves de l’École des beaux-arts de Bordeaux, Point à la Ligne conçoit, fabrique et commercialise des bougies décoratives.

L’entreprise connaît un développement rapide avant qu’un incendie ne détruise ses installations de Gradignan en février 1984. Après une interruption momentanée de son activité, elle redémarre sa production dans une nouvelle usine de 19 000 m² située à Pessac, complétée par 2 000 m² d’entrepôts.

En 1986, Point à la Ligne est considérée comme le numéro un français de la bougie décorative. Elle fabrique et commercialise jusqu’à 300 000 bougies par jour, emploie une centaine de salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel de 35 millions de francs, dont environ 40 % à l’exportation.

Malgré la reprise de son activité, l’incendie a fragilisé sa trésorerie. L’entreprise souhaite également renforcer son implantation internationale et réduire l’endettement pesant sur son équilibre financier. Elle fait alors appel à la Bourse afin de réunir les capitaux nécessaires à son développement.
Accompagnement CiiB

Notre intervention et ses résultats

Rôle de CiiB

CIIB accompagne Point à la Ligne dans la préparation et la réalisation de son introduction au Hors Cote de la Bourse de Bordeaux en juillet 1986.

À une époque où le Hors Cote est encore souvent considéré comme un marché secondaire réservé aux entreprises de petite taille, CIIB œuvre à sa réhabilitation et à son utilisation comme véritable outil de financement des PME régionales.

Son intervention permet à Point à la Ligne d’ouvrir son capital au public, de renforcer sa notoriété et de préparer une augmentation de capital destinée à consolider ses fonds propres et à réduire son endettement.

Point à la Ligne est introduite au Hors Cote de la Bourse de Bordeaux le 2 juillet 1986. Ses actions sont cotées pour la première fois le 7 juillet.

L’opération porte sur la mise à la disposition du public de 33 % du capital, au prix de 460 francs par action. Cette première étape apporte 5 millions de francs à l’entreprise.

Une seconde opération, sous la forme d’une augmentation de capital d’un montant comparable, est alors envisagée.

L’objectif est double : financer le développement international de Point à la Ligne et renforcer ses fonds propres afin de réduire son endettement.

L’opération présente également une dimension solidaire : plus du quart de la recette escomptée doit être reversé à différentes associations œuvrant en faveur de la défense des droits de l’homme.

En France, Point à la Ligne exploite trois magasins en propre, qui représentent environ 15 % de ses ventes, et dispose de 150 espaces commerciaux sous forme de stands dans des magasins.

Déjà présente dans vingt-trois pays et dotée d’une filiale au Canada, l’entreprise prépare de nouvelles implantations à Los Angeles, en Espagne, en Grande-Bretagne et au Japon.

Résultat pour l’entreprise

Après son introduction au Hors Cote, Point à la Ligne poursuit son activité de création et de fabrication de bougies décoratives depuis son site de Pessac. La société conserve également une présence internationale et développe au fil des années de nombreuses collections devenues caractéristiques de la marque.

Point à la Ligne rejoint le groupe familial Devineau, spécialiste français de la fabrication de bougies, aux côtés de sa principale concurrente, Bougies la Française. Cette reprise donne un nouvel élan commercial à la marque, déjà implantée à l’international, notamment en Asie et au Moyen-Orient.

Les créations Point à la Ligne continuent alors d’être commercialisées dans les boutiques, les grands magasins et les commerces spécialisés. La gamme est élargie aux bougies parfumées et décoratives, aux photophores, aux lanternes, aux bougeoirs et à différents objets relevant de l’art de la table.

En 2019, Maison Berger Paris acquiert le groupe Devineau, dont les marques Bougies la Française et Point à la Ligne sont alors destinées au réseau des boutiques et des grands magasins. La marque Point à la Ligne est ainsi intégrée à un ensemble français spécialisé dans les bougies et les parfums d’intérieur.
Mémoire de l’opération

Sources et archives

Documents, publications et archives permettant de retracer l’opération et son contexte historique.

Article du Monde du 9 juillet 1986 consacré à l’introduction de Point à la Ligne au Hors Cote de la Bourse de Bordeaux
Le Monde, 9 juillet 1986
press 09/07/1986
Le Monde

Point à la Ligne à la Bourse de Bordeaux – Une histoire de flammes

Transcription
Le Monde — Mercredi 9 juillet 1986

POINT A LA LIGNE A LA BOURSE DE BORDEAUX
Une histoire de flammes

Les lampions se sont éteints sur les bords de l’Hudson River après la grandiose célébration du centenaire de Miss Liberty. Mais les festivités ne sont pas terminées et le 28 octobre prochain, pour perpétuer cette fête de la liberté, des milliers de flammes devront brûler toute la nuit de part et d’autre de l’Atlantique.
C’est la dernière idée un peu folle que viennent d’avoir « les Demoiselles de Bordeaux », Monique Fieschi et Myline Galhaud, respectivement PDG et directeur général de Point à la ligne, cette entreprise de Gradignan considérée comme le numéro un français de la bougie décorative. Plus du quart de la recette escomptée de cette opération sera reversée à diverses associations œuvrant en faveur de la défense des droits de l’homme.
Coup de pub audacieux ? Pas seulement. Il s’agit plutôt d’un nouveau pari pour ces jeunes femmes qui ont fait connaissance, il y a une vingtaine d’années à présent, sur les bancs de l’Ecole des beaux-arts de Bordeaux. La suite, c’est une de ces « success story » au féminin avec son lot de discussions au couteau « avec des amis banquiers et d’autres qui sont des banquiers tout court », l’apprentissage sur le tas du dialogue social et l’inévitable catastrophe qui met en péril l’entreprise, en l’occurrence l’incendie survenu en février 1984 et qui réduisit en cendres les installations patiemment édifiées depuis 1968, l’année qui marqua le début de cette histoire de flammes.
Arrêt momentané de l’activité et nouveau départ. Point à la ligne, qui dispose aujourd’hui d’une usine de 19 000 m² située à Pessac, dans la Gironde, et de 2 000 m² d’entrepôts à proximité, fabrique et commercialise chaque jour 300 000 bougies. La société, qui a dû mettre une partie de son personnel en chômage technique, emploie une centaine de salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel de 35 millions de francs dont 40 % environ à l’exportation.
Maîtrisé en termes d’exploitation, l’incendie a toutefois suscité quelques problèmes de trésorerie et, Point à la ligne compte sur la Bourse pour trouver les capitaux nécessaires à un développement qui passe par un renforcement des activités à l’étranger. Outre ses trois magasins entiers en France, qui assurent 15 % des ventes, la société dispose de cent cinquante espaces (stands dans les magasins). Déjà présente dans vingt-trois pays, elle possède une filiale au Canada. De implantations sont prévues aux Etats-Unis (Los Angeles), en Espagne, en Grande-Bretagne et au Japon.
« La Bourse ? C’est encore une de leurs idées farfelues... », assurait-on. Ces deux femmes d’entreprise qui détiennent 94 % de l’affaire ont tout de même décidé d’y aller. Mais où ? La cote officielle ? Impossible, c’est réservé aux grosses entreprises. Le second marché qui fait tant parler de lui en ce moment ? Encore trop gros. Restait le hors-cote, ce compartiment considéré jadis comme la « poubelle » de la Bourse et que Jean Salwa, l’animateur du Centre d’informations et d’introductions boursières des PME-PMI (CIIB), s’emploie à réhabiliter.
Introduite le 2 juillet 1986 à Bordeaux, l’entreprise a été cotée pour la première fois le 7 juillet. Cette opération devrait apporter 5 à 6 millions de francs d’argent frais à l’entreprise (par la vente de 33 % des actions proposées à 460 F). Mais d’ores et déjà une somme voisine devrait tomber dans ses caisses à l’automne prochain, à l’occasion d’une augmentation de capital. Une procédure habituelle pour toute société qui fait appel au marché boursier dans le double objectif de renforcer son image et ses fonds propres, en réduisant l’endettement qui pèse sur son équilibre financier.
SERGE MARTI.
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