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27/06/1984
La Voix du Nord
A Lille, Montdifrais au hors-cote « d’acclimatation »
Transcription
LA VOIX DU NORD
MERCREDI 27 JUIN 1984
À LILLE,
MONTDIFRAIS AU HORS-COTE « D’ACCLIMATATION »
La Bourse de Lille a connu hier une première régionale avec l’introduction au hors-cote dit « d’acclimatation » d’une PME régionale, Montdifrais.
Le hors-cote est connu pour être un marché boursier non officiel, dont la vitalité n’est pas très grande puisque les cours donnés à titre indicatif résultent de cotations épisodiques. D’ailleurs, pour tirer de ce marché les sociétés plus actives, a été créé le Second Marché. Mais devant l’essor de ce dernier, les petites entreprises hésitent à se lancer dans ce marché vivace et trop réservé encore aux grosses entreprises.
Montdifrais, dont le siège se situe dans la Somme, à Montdidier, spécialisée dans le commerce de bestiaux, l’abattage et la fabrication de charcuterie et de surgelés, quoique petite entreprise de 120 personnes, est prospère et nourrit de grandes ambitions. Pour obtenir pourtant des financements à la hauteur de ses espoirs, elle a choisi l’épargne publique par le biais de la Bourse, une méthode qui, somme toute, n’est pas encore très utilisée en France, bien que fort employée aux USA sur le « over the counter », le hors-cote américain.
C’est d’ailleurs sur le modèle de ce dernier qu’a été créé le hors-cote d’acclimatation, pour justement habituer les entreprises à la technique boursière et envisager ultérieurement un accès au marché officiel. Montdifrais SA, pour établir le dossier d’introduction, dossier relativement léger et moindre que pour l’introduction au Second Marché ou à la cote officielle, a fait appel au Centre d’informations boursières pour les PME-PMI, qui a lancé l’idée du hors-cote d’acclimatation.
UN « PETIT » SECOND MARCHÉ
Le hors-cote d’acclimatation n’est pas sans rappeler le Second Marché. Grâce à la souplesse de la législation, il permet une cotation quotidienne, un suivi de la société et surtout une information régulière des actionnaires. Il offre, d’où l’intérêt pour la PME, une source de financement non négligeable grâce à un apport de liquidités résultant des transactions.
Mais l’introduction en Bourse selon cette formule peut être un moyen supplémentaire de revitalisation de la Bourse, en particulier de la place lilloise. M. Dupont, syndic des agents de change, l’a fait remarquer hier. À la Bourse lilloise, grâce au marché des obligations, grâce aux introductions sur le Second Marché, le premier semestre a été particulièrement dynamique et a vu une augmentation de 65 % du volume des transactions.
La preuve est la cotation de Montdifrais pour ce premier jour en Bourse : pour un cours de 313 F, 16 072 titres ont été demandés, dont 14 870 au mieux et 1 202 titres entre 320 et 390 F. Le cours indicatif était de 290 F et 2 700 titres étaient offerts. Comme quoi, la région est largement ouverte à l’épargne boursière.
(Ph. V.d.N.)