Hélifrance : ouvrir le capital pour financer l’essor de l’hélicoptère
CiiB accompagne au Hors Cote de la bourse de Paris la deuxième compagnie française de transport par hélicoptère
Entreprise accompagnéeHELIFRANCE
1987
Introductions en Bourse
Levées de fonds
Marchés & liquidité
Services
CiiB organise l’inscription d’Hélifrance au Hors Cote de la Bourse de Paris. L’opération doit renforcer les fonds propres de la compagnie et permettre le placement progressif auprès du public de la moitié de ses 30 000 actions.
L’opération
Contexte et opération
Créée en 1980 et implantée à l’Héliport de Paris, Hélifrance est alors présentée comme la deuxième compagnie française de transport par hélicoptère.
Son activité couvre plusieurs marchés : déplacements d’affaires, tourisme, vols à la demande, publicité aérienne, évacuations sanitaires, prises de vues pour le cinéma et la télévision, transport de fret et missions de surveillance. L’entreprise évolue ainsi sur un marché encore jeune, mais dont les perspectives de développement apparaissent importantes.
Son expansion a cependant été freinée par deux difficultés principales. La première résulte du déficit de la liaison régulière entre Roissy et Orly, finalement abandonnée. La seconde tient au coût élevé de la location des appareils constituant l’essentiel de sa flotte. Les exercices clos en mars 1985 et mars 1986 se sont ainsi soldés par des pertes cumulées d’environ 3,5 millions de francs.
Hélifrance doit donc renforcer ses fonds propres afin d’assainir sa situation financière, d’acquérir certains appareils ou d’obtenir de meilleures conditions de financement. Les actionnaires historiques prévoient également de réinvestir dans l’entreprise.
Sous l’égide de CiiB, Hélifrance est inscrite au Hors Cote de la Bourse de Paris, sur la base d’un cours indicatif de 348 francs. La première cotation intervient le 27 janvier 1987. La moitié des 30 000 actions composant le capital doit être progressivement placée auprès du public avant le mois de juin. Une société d’investissement appartenant à un grand groupe français envisage parallèlement de prendre une participation comprise entre 8 % et 10 % du capital.
L’opération est alors présentée comme un investissement proche du capital-risque : elle permet au public de participer au redressement et au développement d’une entreprise positionnée sur un marché en expansion.
Les dirigeants anticipent à cette époque un retour à la rentabilité. Ils prévoient, pour l’exercice clos le 31 mars 1987, un bénéfice de 1,46 million de francs, soit 48 francs par action, puis un résultat supérieur à 4 millions de francs pour l’exercice suivant. Ces montants correspondent aux prévisions publiées lors de l’introduction et non à des résultats définitivement constatés.
Accompagnement CiiB
Notre intervention et ses résultats
Rôle de CiiB
CiiB accompagne Hélifrance dans la préparation et la réalisation de son inscription au Hors Cote de la Bourse de Paris en janvier 1987.
L’intervention de CiiB porte notamment sur la structuration de l’opération, la présentation de l’entreprise aux investisseurs, l’organisation de la mise à disposition progressive des actions auprès du public, la communication financière et la tenue du registre des mouvements de titres.
L’objectif est de renforcer durablement les fonds propres d’Hélifrance, de réduire le poids du financement de sa flotte et de lui donner les moyens de poursuivre son développement sur les différents marchés du transport et des services par hélicoptère.
Résultat pour l’entreprise
Après son inscription au Hors Cote en 1987, Hélifrance poursuit ses activités de transport aérien et de services par hélicoptère pendant plusieurs années.
Les données historiques disponibles font notamment apparaître des implantations au Castellet à partir de 1993, puis à Toussus-le-Noble en 1996. En 1997, la compagnie bénéficie encore d’une licence d’exploitation lui permettant d’assurer le transport aérien de passagers, de courrier et de fret au moyen d’appareils de moins de vingt sièges ou de moins de dix tonnes.
La société historique Hélifrance, immatriculée sous le numéro SIREN 318 224 391, a finalement été radiée du registre du commerce et des sociétés le 21 octobre 2008. Les sources publiques consultées ne permettent toutefois pas d’établir avec suffisamment de certitude les circonstances précises de cette radiation ni les éventuelles reprises antérieures de ses activités.
Cette société doit notamment être distinguée d’Hélifrance–Paris Hélicoptère, entreprise créée en 1990 sous une autre immatriculation, même si des liens économiques ou opérationnels ont pu exister entre ces différentes structures.
Mémoire de l’opération
Sources et archives
Documents, publications et archives permettant de retracer
l’opération et son contexte historique.
Article publié par Investir le 26 janvier 1987 à l’occasion de l’inscription d’Hélifrance au Hors Cote de Paris.
press
27/01/1987
Investir
Hélifrance : pour jouer l’ascension de l’hélicoptère
Transcription
InvestirLundi 26 janvier 1987
Hélifrance : pour jouer l’ascension de l’hélicoptère
Deuxième affaire française de transport par hélicoptère, Hélifrance, basée à Paris, a fait son apparition cette année sur un cours indicatif de 348. La première cotation aura lieu mardi 27 janvier.
Deux problèmes ont entravé l’expansion de l’affaire :— le déficit de la ligne Roissy-Orly qui a été abandonnée et dont le service ne sera repris qu’avec un cahier des charges moins contraignant ;— le coût du crédit-bail qui a servi à financer l’essentiel de la flotte.
Il en est résulté des pertes pour les exercices clos le 31 mars 1985 et le 31 mars 1986 (3,5 millions), et un besoin de fonds propres.
En rachetant des appareils ou en obtenant de meilleures conditions de crédit-bail, Hélifrance doit redresser aisément sa situation. Il faut savoir que la durée de vie d’un hélicoptère est longue et que, compte tenu d’un entretien très poussé imposé par des normes draconiennes, la valeur d’un appareil tend souvent à s’accroître au fil des années.
Les fonds obtenus par les actionnaires d’origine seront réinjectés dans la société. Un renversement de situation doit se produire entre le premier semestre et le second de l’exercice. Au 31 mars 1987, un bénéfice de 1,46 million, soit 48 F par action, pourrait être obtenu, capitalisé 7 fois au cours d’introduction.
L’exercice suivant pourrait dégager plus de 4 millions de résultat, sans impôt, une émission en numéraire prévue pour juin ayant eu lieu entre-temps.
Grâce à des débouchés multiples (affaires, tourisme, vol à la demande, publicité, évacuation sanitaire, travail aérien pour le cinéma, la télévision, le transport de fret, la surveillance...), le marché du transport en hélicoptère est en expansion.
Cela plaide en faveur d’un placement qui revêt, comme beaucoup d’affaires introduites par le CIIB, un caractère de capital-risque. Signalons qu’une société d’investissement appartenant à un grand groupe français prend une participation de l’ordre de 8 % à 10 %. La moitié du capital de 30.000 actions devrait être placé dans le public d’ici à juin.
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