Réalisation CiiB

GACHOT et SYSTRAN : du redressement industriel à l’intelligence artificielle

Une restructuration financière et une opération boursière organisées par CIIB à l’origine d’une aventure industrielle et technologique durable

Entreprise accompagnée GACHOT / SYSTRAN
1984 Introductions en Bourse Redressement / développement
Industrie Technologies

Introduite par CIIB au Hors Cote de la bourse de Paris, GACHOT transforme une partie importante de ses dettes en fonds propres, mobilise l’épargne du public et réussit son redressement financier avant de contribuer au développement de SYSTRAN.

L’opération

Contexte et opération

En 1984, GACHOT, PME spécialisée dans la robinetterie industrielle, traverse d’importantes difficultés financières. Malgré son avance technique et ses implantations commerciales, l’entreprise ne parvient plus à faire face à ses échéances.

CIIB conçoit alors une opération de restructuration financière associant les créanciers de GACHOT et de nouveaux actionnaires. Une soixantaine de créanciers sont réunis dans les bureaux de CIIB afin de leur présenter un mécanisme susceptible de préserver une partie de leurs créances tout en permettant le sauvetage de l’entreprise.

Après une forte réticence initiale, les créanciers acceptent le principe proposé : abandonner 50 % du montant de leurs créances et transformer les 50 % restants en actions GACHOT, souscrites par compensation avec des créances liquides et exigibles.

Pour GACHOT, cette opération produit un double effet. La partie abandonnée contribue à la constatation d’un bénéfice exceptionnel, tandis que la partie convertie en actions vient renforcer les fonds propres. Une fraction importante des dettes est ainsi supprimée du passif exigible et remplacée par du capital, sans sortie de trésorerie.

Avec le concours de CIIB, l’action GACHOT est introduite au Hors Cote de Paris le 31 juillet 1984, au prix de 105 francs. Le placement de près de 170 000 actions auprès du public, représentant 47 % du capital, ainsi que plusieurs augmentations de capital permettent à l’entreprise de renforcer considérablement ses fonds propres.

La situation nette passe de 26,4 à 49,7 millions de francs, tandis que les dettes à long terme sont ramenées de 57 à 3 millions de francs. GACHOT renoue avec les bénéfices et le concordat prend fin deux ans avant l’échéance prévue.

Le cours de l’action, introduite à 105 francs, atteint 232 francs au début de 1986. Sa valeur a ainsi plus que doublé. Pour les créanciers ayant reçu des actions à hauteur de 50 % de leur créance et les ayant conservées jusqu’à cette revalorisation, la valeur boursière de leurs titres pouvait alors dépasser le montant de leur créance initiale.

Les capitaux mobilisés et le redressement de GACHOT contribuent également au développement de SYSTRAN, spécialisée dans la traduction automatique. Après un apport partiel d’actif réalisé en juin 1989, SYSTRAN devient une entreprise indépendante et accède à son tour au Hors Cote de Paris, avec l’aide de CIIB, le 14 février 1992.
Accompagnement CiiB

Notre intervention et ses résultats

Rôle de CiiB

CIIB conçoit et coordonne le dispositif de redressement financier de GACHOT. Son intervention ne se limite pas à l’introduction en Bourse : elle comprend également une importante restructuration du passif de l’entreprise.

CIIB réunit dans ses bureaux une soixantaine de créanciers de GACHOT afin de leur expliquer le mécanisme proposé et de rechercher leur accord : abandon de 50 % de leurs créances et transformation des 50 % restants en actions, par compensation avec des créances liquides et exigibles.

Cette opération permet de convertir une partie importante du passif exigible en fonds propres, de réduire radicalement l’endettement de GACHOT et de contribuer au rétablissement de sa capacité bénéficiaire.

CIIB prépare et coordonne parallèlement l’introduction de GACHOT au Hors Cote de Paris, le placement des actions auprès du public et les augmentations de capital destinées à financer son redressement et son développement.

CIIB accompagne ensuite l’entreprise dans le cadre de contrats de suivi boursier, de communication financière, de tenue du registre des mouvements de titres et de conseil permanent en fonds propres.

Après l’apport partiel d’actif réalisé par GACHOT en 1989, CIIB accompagne également l’accès de SYSTRAN au Hors Cote de Paris en 1992.

Résultat pour l’entreprise

La restructuration des créances, les augmentations de capital et le placement d’actions auprès du public permettent le redressement financier de GACHOT. L’entreprise renoue avec les bénéfices et met fin à son concordat deux ans avant l’échéance prévue.

Après avoir été introduite à 105 francs en juillet 1984, l’action GACHOT atteint 232 francs au début de 1986. Cette progression permet aux créanciers devenus actionnaires et ayant conservé leurs titres de pouvoir les revendre à un prix supérieur au montant de leur créance initiale.

Plus de quarante ans après cette opération, l’héritage industriel de GACHOT demeure visible : la marque GACHOT® est toujours utilisée pour une gamme de robinets industriels fabriqués et commercialisés en France par SAPAG Valves.

SYSTRAN poursuit pour sa part une trajectoire internationale dans les technologies de traduction automatique. Après avoir été cotée sur Euronext Paris et avoir rejoint le groupe coréen CSLi en 2014, l’entreprise est acquise par le groupe français ChapsVision.

Aujourd’hui, SYSTRAN développe des solutions sécurisées de traduction fondées sur l’intelligence artificielle. Sa technologie couvre plus de 60 langues et plus de 150 combinaisons linguistiques.

Ces deux trajectoires prolongent, dans l’industrie et dans l’intelligence artificielle, l’opération de restructuration, de redressement et de développement accompagnée par CIIB à partir de 1984.
Mémoire de l’opération

Sources et archives

Documents, publications et archives permettant de retracer l’opération et son contexte historique.

Gachot a gagné
Le redressement de GACHOT grâce à son introduction au Hors Cote et à la mobilisation de l’épargne du public
press 21/01/1986
Le Figaro

Gachot a gagné

Transcription
LE FIGARO - Mardi 21 janvier 1986

Gachot a gagné

Sauvée par la cotation au hors-cote et les souscriptions du public, la société cherche la consécration : l’introduction au second marché.

Entre autres avantages, la Bourse offre aux entreprises la possibilité d’accroître leurs fonds propres dans de bonnes conditions. Mais, en principe, il faut être en bonne santé pour lever des capitaux sur le marché financier. Rompant avec les habitudes, Gachot S.A. a tenté et réussi une expérience inédite qui ouvre de nouveaux horizons aux sociétés en difficulté.
Cette P.M.E., troisième en France dans le secteur des robinets industriels, avait déposé son bilan en juillet 1975 et obtenu un concordat en 1979. Quatre ans plus tard, elle ne pouvait plus faire face à ses échéances. Elle risquait alors de disparaître pour des raisons essentiellement conjoncturelles après une période de forte croissance et malgré son avance technique et ses implantations commerciales.
Avec le concours du Centre d’informations et d’introductions boursières (C.I.I.B.), le groupe familial Gachot fit inscrire le titre au hors cote dans le dessein de vendre des actions et de rembourser les créanciers qui eux (à 97 %) ne voulaient pas d’actions en échange de leur dû.
L’action Gachot a donc été introduite au hors cote le 31 juillet 1984 à 105 F pour une valeur nominale de 100 F. Elle a monté la même année jusqu’à 146 F pour évoluer en 1985 entre 142 et 184 F et s’élever à 232 F au début de 1986. Plusieurs augmentations de capital en numéraire ont été réalisées depuis la première cotation, permettant de placer en tout dans le public (ventes et souscriptions) près de 170 000 actions, soit 47 % du capital. La situation nette est passée de 26,4 millions à 49,7 millions, les dettes à long terme ont été ramenées de 57 à 3 millions. Le concordat a pris fin deux ans avant l’échéance.
L’exercice 1985 se soldera par un bénéfice d’exploitation de 12 millions contre 8 millions en 1984. Les estimations pour 1986 portent sur 15 millions. L’incidence fiscale sera modifiée par le retour à une situation normale, ce qui ne permet pas de préciser actuellement ce que sera le bénéfice net.
Gachot base ses évaluations sur la robinetterie qui restera son activité de base. Mais de grands espoirs reposent sur la diversification dans les traducteurs automatiques Systran pour laquelle de gros investissements ont été réalisés. Le marché potentiel de ces systèmes est de l’ordre de 2 milliards de F par an en Europe et de plus de 15 milliards dans le monde. Le groupe bénéficie de l’appui et de la coopération des Communautés européennes et a déjà l’exclusivité pour l’arabe, la sixième langue parlée dans le monde. Systran est maintenant accessible en France par minitel.
Sauvée par la Bourse, Gachot va demander cette année son introduction au second marché, une sorte de consécration.

Luc DEMEULENAERE.
Systran traducteur automatique
Systran : un pari qui n’est pas gagné
press 19/03/1992
Cote Desfossés

Systran : un pari qui n’est pas gagné

Transcription
Cote Desfossés — Jeudi 19 mars 1992

Systran : un pari qui n’est pas gagné

• C’est sur les investisseurs du marché hors cote que le groupe Systran compte pour accélérer son développement. La filiale de Gachot, spécialisée dans le développement du système de traduction automatique « Systran » (accessible par minitel ou par le biais d’un PC), est entrée en bourse le 14 février ; elle a offert à cette occasion 450.000 titres (sur un total de 9 millions d’actions de nominal 50 F). Auparavant, en juillet 1989, rappelons qu’un apport partiel d’actif de Gachot SA à Systran a eu lieu, renforçant considérablement les fonds propres de Systran et allégeant celui de Gachot (le débarrassant d’une filiale encore déficitaire).
N’ayant trouvé aucune société de bourse acceptant de cautionner son introduction, Systran a intégré seule le marché hors cote, avec l’aide du CIIB. Même si le système commercialisé par la filiale de Gachot est extrêmement prometteur, effectuant une traduction automatique et utilisant des centaines de milliers d’instructions, son développement est très coûteux et même aléatoire. Les comptes de la société sont là pour en témoigner. En 1990, Systran était en perte de 12,1 MF, pour un chiffre d’affaires de 9,5 MF (dont 10,5 MF consacrés à la recherche et au développement). En 1991, le déficit net s’élevait à 8 MF (après 12,5 MF de frais de recherche), pour des facturations de 12,3 MF. Cette année, l’objectif est on ne peut plus ambitieux (réaliste ?) : quelque 54,5 MF de chiffre d’affaires et un bénéfice net de 11,3 MF (sans impôt). En fait, dans ces prévisions est intégrée la première tranche d’une éventuelle commande de plus de 60 MF que la société pourrait remporter dans un pays arabe. Cette tranche en question représenterait quelque 38 MF. Mais rien n’est signé et, si le contrat n’aboutit pas, Systran risquerait de se retrouver en perte en 1992.
Systran est un pari, ses dirigeants le reconnaissent. Toutefois, ils misent sur le potentiel du marché de la traduction automatique. Ce dernier est actuellement évalué à 10 milliards de F en Europe, à 60 milliards de F au niveau mondial. Aux États-Unis, où deux filiales sont implantées, ce marché est estimé à 20 millions de USD. Parmi les premiers utilisateurs de Systran, on trouve d’ailleurs le groupe Xerox et l’US Air Force.
Actuellement, le titre Systran cote 26,60 F, capitalisant vingt-deux fois les estimations de profit de 1992.
V.P.
press 29/03/1994
Les Échos

Dix ans après son admission au Hors Cote avec CIIB, GACHOT cherche à relancer sa croissance et à poursuivre son développement industriel.

Référence externe
Une expérience toujours actuelle

Une approche adaptable à de nouveaux projets

Les mécanismes mobilisés dans cette opération peuvent inspirer ou être adaptés à d’autres PME-PMI selon leur situation, leurs besoins de financement et leur projet de développement.