Transcription
COTE DESFOSSES
Mercredi 18 décembre 1985
A Nantes, Firadec
Première cotation, vendredi, et augmentation de capital prévue pour le début de l’année prochaine
Inscrite, mardi, pour la première fois au hors cote de Nantes, au prix indicatif de 100 F, Firadec, spécialisée dans la fabrication de condensateurs au tantale et la distribution de diodes de puissance, devait se négocier, vendredi prochain, au prix de 108 ou 110 F, selon certains spécialistes. Cette opération a été confiée au CIIB (Centre d’informations et d’Introduction Boursières pour les PME-PMI) et à la charge Meunier-de La Fournière-Michelez-Le Febvre.
Née dans les années soixante après que le groupe Roussel-Uclaf ait décidé de se séparer de son activité condensateurs au tantale, Firadec a ainsi décidé d’ouvrir au public, et à hauteur de 15 % environ, son capital jusqu’ici détenu en totalité par son président, M. Billebault, et par les cadres de la société. Cette introduction a pour but d’augmenter les capitaux propres, considérés insuffisants par les dirigeants de la firme et, surtout, de diminuer les frais financiers de moitié (ceux-ci pourraient, de la sorte, revenir de 8 % à 4 %).
A ce sujet, Firadec a prévu de procéder à une augmentation de capital dans le courant du premier semestre 1986. Réparti actuellement en 38.450 actions de 100 F, celui-ci devrait être ultérieurement doublé.
Avec la vente de 5 millions de condensateurs par an, la firme, installée à Saint-Nazaire, détient 8 % du marché national et compte, dans un proche avenir, accroître cette part. Pour ce faire, elle vient de mettre en place un réseau d’agents répartis sur tout le territoire français (Paris, Lyon, Clermont-Ferrand...). Elle a également organisé un rapprochement avec les universités de Nantes et de Saint-Nazaire favorisant les recherches (ce secteur représente 2,5 % du chiffre d’affaires annuel).
Déjà implantée dans la quasi-totalité des pays d’Europe du Nord, Firadec est, de la même façon, présente aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Australie, au Pakistan et, tout dernièrement (depuis le mois d’août 1984, très exactement), en Inde. Ce dernier contrat prévoit la fourniture de matériel pour une usine de condensateurs et devrait permettre à la société française de récupérer, en 1986, une somme égale à son chiffre d’affaires 1984, soit 18 millions de F. Elle devrait construire 3 millions de pièces par an dans un premier temps.
Forte de ces négociations heureuses, Firadec compte accentuer sa présence à l’étranger dans les plus brefs délais. Un contrat avec la Chine populaire pourrait très rapidement aboutir.
En ce qui concerne les perspectives chiffrées du groupe, la firme a fait des prévisions à moyen terme plutôt optimistes. Elle table sur un total des ventes de 25,5 millions de F en 1985 (+ 46,4 % par rapport à l’année précédente), de 35 millions en 1986 (+ 37,3 %), de 30 millions en 1987 (− 12,9 % compte tenu de l’apport exceptionnel du contrat indien de l’année antérieure), de 34,5 millions en 1988 (+ 13,1 %) et de 38,5 millions en 1989 (+ 11,6 %).
Par ailleurs, elle procède actuellement à l’absorption d’une de ses filiales, qu’elle détenait déjà à hauteur de 98 %, la société Soteco, spécialisée dans le vente de matériel de micro-informatique. Cette firme disparaîtra dès le début de l’année prochaine en tant qu’entité juridique et sera liquidée. Firadec récupérera son activité ainsi que son chiffre d’affaires, soit 3 millions de F en 1985.
Pascale BESSES.